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U-Space inaugure la première usine française de nanosatellites

27/11/2024
Actualités

La start-up vient d’ouvrir une usine produisant des petits satellites de 10 à 150 kg destinés aux constellations du New Space. Elle prévoit de passer à la production en série en 2026.

Les acteurs français du « New Space » poursuivent leur développement. U-Space a inauguré, le mercredi 27 novembre à Toulouse, la première usine française dédiée à la production de nano et microsatellites de 10 à 150 kg.

La start-up a pris en location 1 000 m² sous ses bureaux, dans le bâtiment B612 dédié à l’innovation aéronautique et spatiale, qui accueille notamment le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Pour le moment, il s’agit d’un atelier dans lequel deux nanosatellites seront assemblés manuellement cette année, puis quatre autres en 2025.

L’entreprise passera ensuite à la production en série de 12 satellites en 2026 et ambitionne d’atteindre une cadence d’un satellite par semaine d’ici 2028.

« Nous mettrons en place des îlots dédiés aux différentes étapes de fabrication afin de constituer une usine adaptable et transportable, si nous devions transférer la production vers un site sécurisé pour la défense », explique Cyril Brotons, directeur industriel d’U-Space, recruté chez Airbus Defence & Space, où il avait participé à la production en série de la constellation OneWeb.

La start-up conçoit les satellites, fait fabriquer les composants, réalise l’assemblage et intègre la charge utile. Pour réduire les coûts de production, U-Space effectuera des essais sur des composants de présérie afin de valider la répétabilité du procédé, sans avoir à tester l’ensemble du satellite. « Cela nous permettra d’automatiser certains éléments », explique Cyril Brotons. Ces petits satellites de production sont vendus entre 1 et 5 millions d’euros, contre environ 150 millions d’euros pour un satellite traditionnel de grande taille.

Surveillance de l’espace

U-Space a été fondée en 2018 par Fabien Apper, récemment diplômé de l’ISAE-SUPAERO, avec Antoine Ressouche (ENAC) et un troisième associé qui a depuis quitté l’entreprise. Après avoir dirigé un projet étudiant, ils ont remporté un contrat du CNES pour fabriquer le nanosatellite NESS de 5 kg, destiné à détecter les brouilleurs de signaux de positionnement, lancé en octobre 2023. Cette vitrine technologique a permis à U-Space de remporter neuf contrats portant sur des satellites précurseurs de constellations en orbite terrestre basse.

Les minisatellites : le New Space est en plein essor à Toulouse

Dans le cadre du programme France 2030, l’entreprise construit pour le CNES le satellite SOAP de 20 kg, destiné à la surveillance des débris spatiaux. Elle réalise également PANDORE, un démonstrateur de nanosatellite visant à améliorer la précision des signaux GPS/Galileo pour les véhicules autonomes, pour un consortium composé de Safran Syrlinks, Comat, Microtec et Anywaves. Les deux satellites doivent être lancés en mars 2025.

Dans le domaine de la défense, U-Space a remporté le programme de surveillance spatiale Toutatis : un satellite de 25 kg détectera les menaces provenant de satellites espions, tandis qu’un second satellite de 120 kg sera destiné à réaliser des manœuvres de défense.

L’agence spatiale allemande DLR a commandé un démonstrateur. Sur le marché privé du New Space, l’entreprise rennaise Unseenlabs a commandé le premier satellite d’une constellation destinée à la surveillance des navires, tandis que la start-up lilloise Grasp Earth a commandé le premier satellite d’une constellation de dix satellites destinée à détecter les aérosols terrestres.

Devenir le premier fabricant européen de nanosatellites

« Les contrats que nous remportons portent sur la fabrication d’un premier satellite servant de preuve de concept », explique Fabien Apper. « Si celui-ci fonctionne, le client commandera ensuite une constellation de 10 à 200 petits satellites. Nous prévoyons de fabriquer une centaine de satellites dans les cinq prochaines années. »

Le président mise sur le lancement d’une centaine de projets de constellations New Space au cours des prochaines années. Son objectif est de devenir un fabricant européen de référence dans le domaine des nanosatellites face au lituanien NanoAvionics, au danois GomSpace et au toulousain Hemeria.

L’entreprise emploie 72 personnes et devrait compter une centaine de collaborateurs d’ici 2026, sans communiquer son chiffre d’affaires. Afin de poursuivre son développement, elle prévoit de réaliser une nouvelle levée de fonds de plus de 15 millions d’euros en mars 2025, après avoir levé 7 millions d’euros en 2022.

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