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U-Space veut ouvrir dès 2024 son usine de nanosatellites à Toulouse

1/03/2023
Actualités

Après avoir levé sept millions d’euros en septembre, U-Space accélère l’industrialisation de sa gamme de nanosatellites. La start-up a identifié un site de 1 000 m² à Toulouse qui entrera en service au printemps 2024, avant d’atteindre à pleine capacité un rythme de production d’un satellite par jour d’ici 2025. Ces ambitions XXL conduisent également la start-up à recruter massivement une nouvelle fois cette année dans la Ville Rose.

U-Space se donne les moyens de ses ambitions. Depuis sa création en 2018, la pépite toulousaine s’est fixé pour objectif de devenir un maître d’œuvre de nanosatellites de qualité à des prix très compétitifs.

« Sur ce nouveau segment des nanosatellites, nos concurrents se positionnent principalement sur des produits à bas coût. Notre objectif est de produire des satellites de haute qualité conçus pour des missions opérationnelles de longue durée. Nous visons une durée de vie de cinq à huit ans en orbite basse pour des opérateurs dont les services commerciaux nécessitent des infrastructures spatiales performantes. Nous devons associer cette qualité à un niveau industriel, car tout l’intérêt des nanosatellites est de pouvoir être déployés en constellations », explique Fabien Apper, président d’U-Space.

Selon une récente étude d’Euroconsult, près de 14 000 petits satellites devraient être lancés dans l’espace d’ici 2030. À lui seul, SpaceX prévoit une constellation de 42 000 satellites, tandis qu’Amazon envisage d’en placer 3 236 en orbite.

Pour répondre aux besoins XXL du secteur spatial dans les années à venir, U-Space accélère l’industrialisation de sa gamme de nanosatellites, notamment grâce à une première levée de fonds de sept millions d’euros annoncée en septembre.

 

Un satellite par jour d’ici 2025

U-Space a déjà identifié un site de 1 000 m² à Toulouse pour accueillir sa première usine, dont la mise en service est prévue au printemps 2024.

« Dès l’année prochaine, nous prévoyons d’assembler entre cinq et dix satellites. Puis, progressivement, nous mettrons en place des lignes de production, des bancs de tests automatisés, une organisation logistique… Cela permettra d’augmenter progressivement nos capacités de production avec l’objectif de fabriquer un satellite par jour, soit plus de 300 satellites par an d’ici 2025 », explique Fabien Apper.

Ce changement d’échelle soulève plusieurs défis. « Dès la phase de conception, le satellite doit être pensé pour une production en série, ce qui tranche avec les méthodes spatiales traditionnelles. Ensuite, notre positionnement est celui d’un intégrateur ; nous réfléchissons donc à des partenariats de long terme avec certains fournisseurs critiques capables de répondre à des capacités de production industrielles. Enfin, le troisième défi réside dans la capacité de l’usine d’assemblage à suivre les cadences de production », ajoute le jeune entrepreneur.

Ces ambitions ont conduit la start-up à recruter massivement dans la Ville Rose. U-Space a doublé ses effectifs en 2022, passant de 20 à 40 collaborateurs, et vise près de 70 salariés d’ici la fin de l’année 2023. En plus des profils d’ingénieurs, l’entreprise recherche de plus en plus de profils expérimentés (avec quinze à vingt ans d’expérience) pour des postes de management intermédiaire (chefs d’équipe, chefs de projet, responsables de service, etc.) ainsi que pour les fonctions support (ressources humaines, commercial, communication, marketing). À la fin de l’année dernière, U-Space a également recruté son directeur industriel, qui constitue actuellement son équipe.

 

Des contrats avec le Cnes et l’Onera

La start-up a déjà remporté plusieurs contrats auprès de grands acteurs du secteur. U-Space a livré au Cnes le satellite Ness, un démonstrateur 3U destiné à assurer une surveillance mondiale du spectre radiofréquence et à analyser les sources d’interférences. Son lancement, initialement prévu début 2023 à bord d’un lanceur Vega-C, est actuellement en attente d’une nouvelle date de mise en orbite.

L’entreprise a également fourni à l’Onera le modèle de qualification du nanosatellite Crème dans le cadre d’une mission scientifique consacrée à l’observation des ceintures de radiation. Parallèlement, U-Space s’est associée à quatre acteurs français du NewSpace, Anywaves, Comat et Syrlinks, afin de proposer une solution complémentaire aux systèmes de navigation (GPS ou Galileo) pour assurer les fonctions de synchronisation lorsque les signaux de navigation GNSS ne sont plus exploitables. Ce programme, baptisé Synchrocube, bénéficie du soutien du plan de relance de la filière spatiale française et son lancement est prévu au premier semestre 2024.

La start-up a également été sélectionnée au sein d’un consortium avec Airbus Defence and Space dans le cadre d’un programme France 2030 consacré à une mission de surveillance de l’espace.

« La prolifération des objets dans l’espace augmente les risques de collision. L’objectif est de disposer d’un capteur en orbite basse capable de détecter les objets présents dans l’espace et de mesurer leur trajectoire afin d’établir un catalogue de ces objets et ainsi mieux anticiper le trafic spatial. Il existe déjà plusieurs types de capteurs au sol, comme les radars et les télescopes. Mais étant au sol, ces capteurs ne voient pas nécessairement les objets en permanence. L’idée est donc de compléter les données disponibles grâce à des mesures réalisées directement en orbite », explique Fabien Apper.

Le dernier contrat remporté par U-Space est avec la start-up lilloise Grasp. Cet acteur du NewSpace souhaite déployer une constellation d’une dizaine de satellites, associée à des mesures in situ, afin de réaliser une surveillance mondiale des aérosols et de visualiser leur propagation dans les villes, notamment en fonction des conditions météorologiques. Ce solide carnet de commandes en France permettra à U-Space de s’appuyer sur cette dynamique pour développer son activité en Europe dans les prochaines années. L’entreprise espère également vendre ses premières constellations dès l’année prochaine.

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