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U-Space prévoit de produire des nanosatellites en série dans sa nouvelle usine de Toulouse

9/12/2024
Actualités

U-Space, entreprise toulousaine spécialisée dans la fabrication de petits satellites, vient d’inaugurer son nouveau site de production. Fabien Apper, président et cofondateur de l’entreprise, s’est confié à L’éco d’ici.

U-Space est une entreprise toulousaine qui ambitionne de se faire une place dans le secteur de la fabrication de satellites. Fabien Apper, président et cofondateur d’U-Space, était l’invité de L’éco d’ici. L’entreprise est installée à B612, le centre d’innovation de Montaudran. Elle fabrique des nanosatellites de nouvelle génération.

Quand on entend « nano », on pense à quelque chose de microscopique. Mais vos satellites sont plus grands que cela ?

Oui, nos satellites ont environ la taille d’une boîte à chaussures. La masse de notre gamme de produits varie de quelques kilogrammes jusqu’à 150 kilogrammes pour les plus grands satellites que nous pouvons fabriquer.

Sont-ils aussi performants et ont-ils les mêmes usages que les grands satellites ?

Traditionnellement, des industriels comme Airbus et Thales fabriquent des satellites allant de 500 kilogrammes à plusieurs tonnes. L’avantage de les rendre beaucoup plus petits est qu’ils sont bien moins coûteux à produire et à envoyer dans l’espace. Cela permet de déployer ce que l’on appelle des constellations, composées de plusieurs dizaines de satellites en orbite. Celles-ci permettent de fournir des services à l’échelle mondiale, comme l’observation de la Terre ou la navigation. Ils ne sont pas exactement aussi performants que les grands satellites, car ils embarquent des instruments plus compacts. En revanche, ils intègrent de nouvelles technologies fortement miniaturisées qui leur permettent de répondre à de nouvelles applications.

Quand vous dites qu’ils sont moins chers, pouvez-vous nous donner un ordre de grandeur ?

Ils peuvent coûter de 10 à 100 fois moins cher que les plus grands satellites.

Vous fabriquez ces nanosatellites dans l’usine que vous venez d’inaugurer. Il s’agit d’une extension de vos locaux à B612, le centre d’innovation de Montaudran. L’objectif est donc de pouvoir fabriquer des satellites ?

Oui, nous disposions déjà de 1 000 m² de bureaux à B612, et nous avons désormais aménagé notre usine, qui offre près de 1 000 m² de salles blanches pour fabriquer ces satellites. Nous allons y déployer des lignes d’assemblage afin de produire plusieurs dizaines de satellites. Notre objectif est de fabriquer un satellite par semaine.

En êtes-vous encore loin aujourd’hui ?

Nous avons déjà construit deux satellites dans notre usine, qui a été réalisée en moins d’un an. Ils seront lancés en mars prochain. Notre feuille de route consiste à déployer nos lignes d’assemblage, automatiser la production et atteindre notre objectif d’un satellite par semaine.

Un satellite par semaine représente un rythme soutenu. Êtes-vous certain de pouvoir les vendre ?

Le marché continue de connaître une forte croissance. Il existe plus d’une centaine de projets de constellations utilisant ces petits satellites dans le monde. Nous sommes donc convaincus que le marché a besoin de ce type de capacité de production.

Vous allez lancer deux satellites en mars prochain. Vous travaillez avec SpaceX. Que ressentez-vous lorsque vous les voyez partir ?

Il s’agit de deux satellites d’environ 25 kilogrammes qui seront lancés à bord d’une nouvelle fusée Falcon dans le cadre de la mission Transporter-13. C’est l’aboutissement de plusieurs années de travail, et les équipes ont consacré deux années au développement de ces deux satellites.

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