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U-Space prévoit un nanosatellite en orbite basse pour la surveillance de l’espace

22/07/2021
Actualités

Issue d’Isae-Supaero, la start-up U-Space ambitionne de se faire une place sur le marché très concurrentiel des nanosatellites. La jeune entreprise s’est déjà vu confier la fabrication du démonstrateur Ness pour le Cnes ainsi que d’un cubesat pour l’Onera. Elle étudie également la conception d’un nanosatellite en orbite basse destiné à la surveillance de l’espace pour le ministère français des Armées. Afin d’industrialiser sa production, U-Space recherche un partenaire et prévoit une levée de fonds en 2022.

Jamais auparavant le marché des constellations de satellites n’avait suscité un tel engouement. À Toulouse, capitale historique de l’espace en Europe, certains commencent à travailler sur ce segment dès leur sortie d’école. C’est le cas de Fabien Apper. Diplômé d’Isae-Supaero, il travaille encore comme étudiant sur l’ingénierie d’EyeSat, un nanosatellite de démonstration développé par le Cnes. C’est à cette occasion que l’ingénieur rencontre Antoine Ressouche (ancien de l’Enac) et Nicolas Humeau (ancien de l’École des Mines).

Des satellites miniatures à prix réduit

Ensemble, ils fondent la start-up U-Space en 2018 avec l’ambition de devenir un maître d’œuvre de nanosatellites à prix réduits.

« La demande en constellations de nanosatellites est en forte croissance. Ces satellites miniaturisés sont moins coûteux à lancer et permettent une couverture plus importante. Aujourd’hui, un cubesat 3U (c’est-à-dire mesurant 10 cm × 10 cm × 30 cm) coûte moins d’un million d’euros par unité, soit bien moins qu’un satellite conventionnel. À terme, nous souhaitons réduire drastiquement ce coût unitaire grâce à une production en grande série. De plus, nous proposons des délais de conception très rapides, de l’ordre de deux ans », explique Fabien Apper.

À la fin de l’année 2019, la jeune entreprise, issue d’Isae-Supaéro, décroche son premier contrat avec la conception et la fabrication du satellite Ness pour le Cnes. Ce projet de démonstrateur 3U est destiné à assurer une surveillance planétaire du spectre radiofréquence et à analyser les sources d’interférences. « Pour nous, il s’agit d’un projet majeur qui s’étend sur 18 mois. Nous sommes actuellement en train d’assembler le modèle de vol, que nous prévoyons de livrer d’ici la fin de l’année, avec un lancement prévu au second semestre 2022 », explique le directeur général.

Début 2021, la jeune entreprise remporte un deuxième contrat de production pour l’Onera, le centre français de recherche aérospatiale, pour lequel elle concevra et fabriquera Crème, un nanosatellite 3U destiné à une mission scientifique de surveillance des ceintures de radiation. Son lancement en orbite est prévu fin 2023 ou début 2024.

Des études pour un nanosatellite militaire de surveillance spatiale

U-Space a déjà remporté une douzaine de contrats pour réaliser des études préliminaires destinées à des clients privés et publics (dont le ministère français des Armées). L’entreprise étudie notamment la pertinence d’un nanosatellite en orbite basse dédié à la surveillance de l’espace, à la demande du Commandement de l’Espace. Installé à Toulouse depuis 2019, ce commandement a pour mission de protéger les satellites français les plus stratégiques contre les manœuvres hostiles de puissances étrangères ou les risques de collision avec des débris spatiaux.

« Nous travaillons sur le concept de missions de surveillance de l’espace depuis l’orbite basse avec un nanosatellite 6U (10 cm × 20 cm × 30 cm) dans le cadre d’une mission de démonstration. Ce serait un premier démonstrateur, mais à terme nous pourrions imaginer une constellation de dix ou vingt nanosatellites assurant une surveillance permanente de l’espace », ajoute Fabien Apper.

Parallèlement, la France a également lancé des travaux, confiés à l’entreprise toulousaine Hemeria, sur un système spatial baptisé Yoda, prévu pour la fin de la décennie. Celui-ci aura pour mission de patrouiller à proximité immédiate des satellites militaires de télécommunications en orbite géostationnaire, comme l’a récemment rappelé à La Tribune le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean.

Un accord avec un industriel en vue

U-Space est également sollicitée par de nouveaux acteurs du secteur spatial pour assurer l’exploitation de satellites en vol. L’ambition de la start-up est d’avoir produit une constellation d’au moins vingt nanosatellites d’ici 2025 et de disposer d’un outil industriel capable d’atteindre une cadence de production de 300 satellites par an. Pour franchir cette étape majeure, l’entreprise souhaite s’associer à un partenaire industriel.

« Nous cherchons à nous associer avec un partenaire qui possède déjà les compétences industrielles nécessaires, et il ne s’agira pas forcément d’un acteur du secteur spatial. Nous étudions des collaborations avec les industries automobile ou aéronautique pour la production de nanosatellites. U-Space se concentrerait alors sur son cœur de métier, à savoir la conception des satellites », explique le cofondateur de l’entreprise.

U-Space espère trouver ce partenaire d’ici la fin de l’année 2021 et prévoit une levée de fonds de « plusieurs millions d’euros » au cours de l’année 2022. Installée depuis 2019 au District, l’accélérateur du pôle Aerospace Valley situé au cœur du B612, la start-up compte une quinzaine de collaborateurs. Elle prévoit de recruter une dizaine de personnes supplémentaires au cours de l’année suivante, parmi lesquelles des ingénieurs ainsi que des profils commerciaux et fonctions support (communication, ressources humaines).

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