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U-Space lance la première usine française de nanosatellites

4/11/2024
Actualités

En moins d’un an, U-Space a installé à Toulouse une usine de 1 000 m² destinée à fabriquer un satellite par semaine d’ici 2025. Une étape qui devrait propulser la start-up dans la course mondiale aux nanosatellites.

C’est un lieu plutôt inattendu pour fabriquer des satellites. En moins d’un an, U-Space a installé une usine au cœur du bâtiment B612 à Toulouse. Ce bâtiment emblématique de l’innovation aéronautique et spatiale accueille le centre de recherche IRT Saint-Exupéry dédié à l’électrification des aéronefs, le siège du pôle de compétitivité Aerospace Valley, ainsi qu’ESSP, qui fournit le service européen de navigation par satellite EGNOS.

Six ans après sa création, U-Space a investi plusieurs millions d’euros pour transformer cet espace inoccupé de 1 000 m² en une véritable usine, la première en France dédiée à l’assemblage de nanosatellites.

« Nous avons actuellement une dizaine de satellites en conception et en production. L’objectif est d’augmenter progressivement notre cadence afin d’atteindre un satellite par semaine au deuxième trimestre 2025, puis à terme un satellite par jour si nécessaire », explique Fabien Apper, président de la start-up.

Une concurrence intense dans le New Space

Construire un nouveau bâtiment à partir de zéro aurait nécessité beaucoup plus de temps et d’investissements, alors que la concurrence est particulièrement forte en Europe sur le marché des petits satellites, entre le lituanien NanoAvionics, le suédois GomSpace, le bulgare EnduroSat et le britannique Open Cosmos.

« Certains de nos concurrents, historiquement fabricants d’équipements, ont annoncé l’extension de leurs usines afin de se lancer dans l’assemblage de satellites. Nous devons aller vite pour nous imposer sur le marché. Deux de nos nanosatellites seront lancés au début de l’année prochaine et nous avions besoin d’une solution pour les assembler », explique le président.

U-Space se distingue dans cet univers du New Space en se concentrant sur l’intégration de petits satellites à hautes performances destinés à des constellations opérationnelles, alors que la concurrence s’était d’abord orientée vers des satellites à bas coût pour des démonstrations technologiques.

Une chaîne d’approvisionnement principalement française

La jeune entreprise a mis en place un réseau d’une trentaine de fournisseurs chargés de livrer les différents composants ensuite intégrés aux satellites : Anywaves (antennes), Syrlinks (équipements radiofréquence), Connektica (automatisation des essais), etc. « Notre chaîne d’approvisionnement est française à 80 %, le reste des sous-équipements provenant d’Europe et une faible part de pays hors Europe », explique Fabien Apper. Tous ces composants arrivent à l’usine, où ils sont stockés verticalement dans une immense armoire de 35 m³ capable de contenir les pièces nécessaires à 100 satellites simultanément.

Les composants sont ensuite acheminés vers la salle blanche, où les équipements sont soudés et les différents câbles raccordés au satellite. À ce stade, l’assemblage reste encore manuel pour les premiers modèles de vol.

« Nous travaillons sur les modèles précurseurs, que nous traitons avec le même soin qu’un satellite traditionnel, en réalisant de nombreux essais. Lorsque nous passerons à la production en série l’année prochaine, la logique sera différente, avec la mise en place d’îlots de fabrication et d’une véritable ligne d’assemblage », décrit le président.

Pour accompagner cette transition vers une logique industrielle, la start-up a recruté des talents issus des grands acteurs du secteur spatial, Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space. Le directeur de l’usine, Maël Ferret, a lui-même quitté Airbus pour rejoindre U-Space. L’entreprise prévoit de passer de 74 à 100 collaborateurs l’année suivante, avec le recrutement non seulement d’ingénieurs mais également, à terme, d’opérateurs de production.

Une nouvelle levée de fonds en 2025

Après la livraison, U-Space est également en mesure d’assurer les opérations des satellites depuis son propre centre de contrôle. Les équipes préparent actuellement les deux satellites 12U (24 kg) qui seront lancés lors de la mission Transporter-13 au début de l’année prochaine. Les futures plateformes pourront y être intégrées, et des jumeaux numériques permettront de simuler le comportement des satellites en orbite.

U-Space a été sélectionnée par l’Agence de l’innovation de défense (AID) pour la mission de démonstration Toutatis destinée au Commandement de l’Espace. L’entreprise produira deux satellites : un satellite observateur dédié à la surveillance de l’espace et un satellite doté de capacités de manœuvre destiné à protéger les satellites français sensibles contre les ingérences étrangères.

Après une levée de fonds de 7 millions d’euros en 2022, U-Space prévoit de réaliser un nouveau tour de financement d’au moins 15 millions d’euros au début de l’année prochaine.

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