La start-up toulousaine U-Space vient de lancer la construction d’une usine pilote de 1 000 m² dédiée à l’industrialisation des nanosatellites. Le site sera opérationnel au printemps 2024, avec pour objectif de produire un satellite par jour d’ici 2026.
À peine un an après avoir levé 7 millions d’euros de financement, la start-up toulousaine U-Space franchit une nouvelle étape dans l’industrialisation des nanosatellites de nouvelle génération : la construction d’une usine pilote de 1 000 m² à Toulouse (Haute-Garonne), dont la première pierre a été symboliquement posée le 9 novembre. Les travaux se poursuivront jusqu’en mars 2024. Cette nouvelle usine, dont le montant de l’investissement n’a pas été communiqué par l’entreprise, sera opérationnelle dès le printemps 2024, avec un déploiement progressif des lignes de production et des moyens de tests automatisés. L’objectif est d’atteindre un rythme de production d’un satellite par jour, soit plus de 300 satellites par an, d’ici la fin de l’année 2026.
Parallèlement, la start-up renforce rapidement ses équipes. « Nous employons actuellement une soixantaine de personnes, contre une quarantaine à la fin de l’année 2022, et nous devrions être au moins une centaine d’ici la fin de l’année 2024 », annonce Fabien Apper, cofondateur et président d’U-Space.
Développer la production en série de nanosatellites
Fondée en février 2018 par Fabien Apper, Antoine Ressouche et Nicolas Humeau, U-Space est une entreprise issue d’ISAE-Supaero, directement née du programme EyeSat, un projet étudiant financé par le CNES. « Notre ambition est de nous positionner comme maître d’œuvre de nanosatellites pour les opérateurs de constellations de nanosatellites en orbite basse, destinées à des services opérationnels de longue durée (8 ans) », explique Fabien Apper.
Une première étape importante a été franchie avec la livraison au CNES du nanosatellite Ness, un démonstrateur technologique 3U de 4,8 kg, qui sera mis en service après sa mise en orbite par un lanceur Vega en octobre 2023. Sa mission consiste à tester et valider depuis l’orbite basse de nouvelles technologies de mesure destinées à détecter et localiser des sources radiofréquences. « Ness nous a permis de valider en orbite le concept d’un très petit satellite développé selon une approche de conception optimisée en fonction des coûts (design-to-cost) », se félicite le directeur général. Ce projet a constitué une étape structurante pour la start-up toulousaine, désormais engagée dans le développement d’une capacité de production en série de nanosatellites.
Un site industriel évolutif et reproductible
Au premier étage du bâtiment B612, un ensemble immobilier de 25 000 m² dédié à la recherche et au développement dans les domaines de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués, situé au cœur du parc d’activités Toulouse Aerospace – qui accueille notamment l’IRT Saint-Exupéry et le siège du pôle de compétitivité Aerospace Valley – la start-up a choisi d’installer ses salles blanches d’intégration.
Baptisée U-Zine, la nouvelle unité de production d’U-Space sera organisée en trois zones distinctes : la première dédiée au stockage des équipements ; la deuxième à l’assemblage, à l’intégration et aux essais des satellites prototypes ou des premières séries ; et la troisième au développement des moyens de production en série, à leur qualification ainsi qu’à la montée en cadence de la production. « Si le marché suit, nous pourrions être amenés à dupliquer cette première usine ailleurs en France, voire à l’international, afin de nous rapprocher de certains clients », souligne Fabien Apper.
Plusieurs contrats déjà en cours
« Nous sommes déjà engagés sur sept projets de nanosatellites, dont plusieurs “satellites précurseurs” destinés à des constellations qui compteront à terme entre 20 et 300 satellites chacune », ajoute Fabien Apper. L’entreprise toulousaine a signé ses premiers contrats avec Unseenlabs, une société bretonne basée à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) et spécialisée dans l’interception des signaux radiofréquences depuis l’espace, ainsi qu’avec Grasp, une start-up implantée à Lezennes (Nord), afin d’accompagner le développement d’une constellation dédiée à l’observation des aérosols atmosphériques.
Avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 2 millions d’euros en 2022, U-Space espère dépasser les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel d’ici 2025.
